Aujourd’hui, près de 16 000 prothèses d’épaule sont posées chaque année en France, chiffre multiplié par huit depuis 2007 (source ATIH) .
Il existe deux types de prothèses : anatomique et inversée.
Cette dernière est utilisée pour les arthroses à rupture de coiffe des rotateurs et les fractures pour lesquelles le résultat devient beaucoup plus fiable, reproductible et la restauration de l’autonomie plus rapide.
Dans le cas d’une prothèse inversée, l’implant huméral se termine par une cupule concave et l’implant glénoïdal est une demi-sphère, son fonctionnement permet de suppléer une coiffe des rotateurs déficiente ou absente.
L’augmentation du nombre de prothèses posées chaque année entraîne une hausse mécanique des complications et des reprises chirurgicales : 11 % pour les prothèses anatomiques et 13 % pour les prothèses inversées. Ces complications sont liées à des problèmes d’instabilité (3-8 %), d’infections (1 à 4 %), d’usures ou de descellements de la glène (3 à 14,3 %), de ruptures de coiffe qui touchent essentiellement les prothèses anatomiques.
Les infections (Staphylocoque Aureus, Propionobacterium Acnes etc.) sont un peu plus importantes pour les prothèses inversées (3,8 % contre 1,1 % pour les prothèses totales). Un changement de prothèse, en deux temps passant par une prothèse-spacer aux antibiotiques, est alors parfois nécessaire.
Dans 4,7 % des cas, une prothèse inversée ou totale peut se luxer. Il convient alors de s’assurer qu’il n’y a pas de problème neurologique sous-jacent. Il existe désormais des critères très clairs pour prévenir les luxations et les instabilités. Le raccourcissement huméral ou la médialisation excessive en sont les causes les plus fréquentes.
Les descellements glénoïdiens augmentent avec le temps et sont une cause classique de faillite prothétique mécanique (14,3 % pour les prothèses anatomiques contre 3,5 % pour les prothèses inversées). Le bon positionnement des implants prothétiques peut aider à prévenir les descellements glénoïdaux.
Comment améliorer les résultats ?
En orthopédie, les évolutions techniques constantes de la modularité des arthroplasties et des biomatériaux, font que les prothèses sont de plus en plus adaptées et performantes. Tous les composants sont interchangeables, les tailles et les formes sont réglables, le chirurgien peut rétrécir la tige ou en augmenter la modularité à volonté.
Depuis cinq à dix ans, nous observons l’arrivée des matériaux bio-actifs qui permettent une ostéo- intégration beaucoup plus rapide et de très bonne qualité. Avec des matériaux comme le trabecular-titane (une trabéculation au niveau du titane) ou le tantale, très proche de la structure osseuse, nous constatons des recolonisations
osseuses extrêmement intéressantes générant de très bonnes fixations primaires et secondaires.
Le planning pré-opératoire en 3D et Patient Specific Instrumentation
Le chirurgien s’appuie désormais sur des outils informatiques d’ultra précision, des plannings pré-opératoires informatisés en 3D et l’utilisation de guides de positionnement sur mesure, pour réaliser des poses de prothèses au millimètre près et d’une haute technicité.
A la Clinique de Flandre, l’équipe consacre un grand soin au planning pré-opératoire en 3D qui permet à l’aide de logiciels de visualiser les déformations de la glène pour positionner au mieux la prothèse. Le planning opératoire en 3D est reproduit pendant l’intervention. Elle travaille sur ces logiciels et en développe des évolutions.
« Non seulement nous pouvons concevoir des prothèses sur mesure, mais nous améliorons aussi leurs positionnements. Par la suite, nous espérons en diminuer les complications et améliorer
leurs performances. Nous espérons grâce à ces nouveaux moyens technologiques, augmenter les performances des prothèses d’épaules et leur longévité. »
Dr Eric Petroff, chirurgien orthopédiste,
www.flandre-orthopedie.com